Article 4

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Sonars : une technologie puissante, essentielle, mais à quel prix pour la vie marine ?

Les sonars, utilisés dans des domaines tels que la navigation, la recherche scientifique et la défense, posent d’importants défis environnementaux. Bien qu’ils soient essentiels,ces dispositifs acoustiques peuvent avoir des effets dévastateurs sur les écosystèmes marins. L’un des problèmes majeurs des sonars actifs réside dans le bruit qu’ils génèrent, les sonars actifs, en émettant des ondes sonores puissantes, peuvent atteindre des niveaux extrêmes (jusqu’à 230 dB), largement supérieurs aux sons naturels sous-marins. Ces bruits perturbent gravement la faune marine, notamment les baleines et dauphins, qui dépendent de l’écholocation pour naviguer et communiquer. (Parsons, E. C. M. (2017). Impacts of Navy Sonar on Whales and Dolphins : Now beyond a Smoking Gun ? Frontiers In Marine Science, 4.)

Des impacts néfastes sur la faune marine

En effet, les baleines, dauphins et autres cétacés s’appuient sur des systèmes d’écholocation sophistiqués pour survivre dans leur environnement. Or, les ondes acoustiques puissantes émises par les sonars, notamment militaires, viennent brouiller ses repères naturels.  Un rapport, publié lundi 21 novembre 2005 par le Conseil de défense des ressources naturelles ((NRDC. (s. d.). NRDC.)), organisation écologiste basée à New York, estime que ces perturbations peuvent également causer des blessures internes graves, comme des hémorragies, dues à la rapidité de la décompression, ou même entraîner des pertes d’audition irréversibles. Le bruit sous-marin est ainsi devenu une forme de pollution, menaçant la survie des espèces marines. Par exemple, aux Bahamas en 2000, une expérience de l’US Navy utilisant des sonars à moyenne fréquence – 230 dB dans la gamme de fréquences 3 000-7 000 Hz – provoqua l’échouage de dix-sept baleines, dont sept furent trouvées mortes. L’US Navy reconnut sa responsabilité dans cet échouage dans un rapport publié dans le Boston Globe, le 1er janvier 2002. 

© Crédit photo : afp. Peter. (2017, 27 mars). Comment expliquer les échouages massifs de cétacés ? SudOuest.fr

Un défi éthique et environnemental

Les conséquences environnementales des sonars posent la question de l’équilibre entre sécurité humaine et préservation des écosystèmes. Si la protection des infrastructures maritimes et la défense nationale sont des enjeux cruciaux, les sonars ne doivent pas être employés au détriment de la biodiversité marine. Pour répondre à cette problématique, il devient impératif de développer des technologies alternatives moins intrusives et de renforcer la régulation de l’utilisation des sonars. Par exemple, les experts appellent à des restrictions plus strictes dans les zones de migration ou de reproduction des espèces sensibles.( cms.int )

Vers un usage responsable des sonars

Les efforts de certains organismes, comme les marines nationales et certaines entreprises, pour réduire l’impact acoustique des sonars sont encourageants. Les militaires, principaux utilisateurs des sonars actifs à haute intensité, sont particulièrement pointés du doigt pour leurs impacts environnementaux, bien que certaines initiatives visent à limiter les dégâts, comme des protocoles d’évitement des zones sensibles. (Comment la Marine nationale appréhende le danger des sonars actifs pour les mammifères marins ? (2024, 23 février). Mer et Marine). Parmi les mesures prises figurent : 

  1. L’identification des zones sensibles : Les zones où les mammifères marins sont particulièrement présents (zones de reproduction ou de migration) font l’objet d’une attention particulière.
  2. La réduction des émissions sonores : Des protocoles imposent des limitations dans certaines zones ou des arrêts temporaires des sonars lorsqu’un animal est détecté à proximité.
  3. La collaboration scientifique : La Marine travaille avec des experts pour mieux comprendre l’impact des sonars et développer des solutions alternatives.

Enfin, les sonars, bien qu’indispensables, doivent être utilisés avec parcimonie et dans un cadre éthique et scientifique rigoureux. La préservation des écosystèmes marins ne doit pas être sacrifiée au profit de la technologie ou des intérêts stratégiques.

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